Je suis Yi

Après mon lycée à l’École d’Art artisanal du GuangXi, je suis arrivée en France pour continuer mes études, et j'ai obtenu un master d'arts plastiques. Ça a été difficile, parce que je devais travailler en même temps et aussi mon français était encore limité.

Je vis à Paris. Dans la semaine, je suis acheteuse dans les grands magasins, pour des chinois. Le week-end, je suis photographe, surtout pour des mariages. Pendant longtemps, j'ai eu l'impression d'être encore en Chine, je n'étais entourée que de chinois, je ne parlais que chinois ! Maintenant, j'ai l'impression de rentrer de plus en plus dans la vie des français, j'ai de plus en plus d'amis. La vie est plus libre en France, surtout pour les femmes. Ici, je me sens d'abord moi, je n'ai pas à rentrer dans un rôle. En chine, c'est ta place dans la société qui prime : tu es une mère, une grand-mère... ce que tu es vraiment, ce dont tu as besoin ne compte pas. Traditionnellement, ce sont les hommes qui dirigent. Mais tout est en train de changer. Dans les grandes villes, beaucoup de femmes ont pris le pouvoir sur leur famille et au travail.

Je ne ressens pas trop le racisme. J'ai l'impression que les français sont plus racistes envers les hommes chinois que les femmes. Ils ont peut être peur qu'ils prennent leur travail. Ou aussi peu être parce qu'ils ont à faire à de nouveaux riches qui sont impolis et qui parlent fort. Mais il y a beaucoup de chinois pauvres, même en France. Le système de santé en Chine n'existe pas. Si une personne de ta famille tombe malade, tu dois vendre ta maison, tes biens pour le faire soigner. Ici c'est la même chose, parce que beaucoup sont en situation plus ou moins régulière.